[ ARCHIVES PAR SEMAINE ]

Semaine du 14/04/2008

Album de la semaine

Diffusion du lundi au vendredi à 8h30 - 10h30 - 12h30 - 14h30 - 16h30.

Toute cette semaine nous écouterons l'album "Le meurtre de Vénus " de Les SHADES.

 

Le groupe

C’est d’abord l’histoire d’un producteur qui leur propose d’enregistrer un album en Amérique. L’objet du voyage: produire du “brut” et du “massif”. Pour un tas de raisons personnelles, les cinq garçons ont poliment décliné l’offre.

Bertrand Burgalat leur a alors promis son Amérique à lui. Un studio en fond de cour à Montreuil. Ils ont dit oui.

Comme les autres groupes de la jeune génération, ces adolescents se produisent alors aux Rock’n’Roll Friday institués par Philippe Manoeuvre.

Membre du groupe :

Harry Allouche (batterie), Victor Tamburini (basse), Benjamin Kerber (chant et mots), Etienne Kerber (guitare), Hugo Pomarat (synthétiseurs)

 

L'album

Les Shades sont aussi uniques et indivisibles. Aujourd’hui, leur premier album, Le Meurtre de Vénus, en est la preuve accablante. Le groupe s’habille de blanc en référence à l’album Blank Generation de Richard Hell. Leurs concerts ressemblent à d’étranges messes païennes. Une voix sur le fil, un clavier chavirant et un emballement minutieux qui fait jaillir les étincelles comme la forge de Vulcain (n’est-il pas le mari officiel de Venus ?). Leur présence opère comme le piège magnétique d’une cage de Faraday.

Désormais, Les Shades sont presque tous majeurs. Fraîchement émancipés des influences du passé, ils ont leur autorisation de sortie de territoire. Si l’on vend désormais la musique au détail, Les Shades ont opté pour un album “concept”. Le roi de choeur du groupe, Benjamin Kerber, a signé la majorité des titres du Meurtre de Vénus, qu’une fille de sa classe, “inaccessible et intouchable”, lui a lointainement inspirée. Le premier texte sera la seule tâche de soleil de l’album. Un album au très beau panache littéraire.

On doit ces palpitants remous et ce climat fantastique aux fortes fièvres nocturnes et aux angines blanches à répétition endurées par Benjamin dans sa prime jeunesse. Il est une sorte de “Horla”. Devant ces affres, on comprend mieux pourquoi il choisira finalement l’ablation des amygdales.

Il est aussi question d’un enfant prodige. “J’ai vu la lumière mais je n’ai pas pu la toucher”. On perçoit les échos d’une maternité où le chanteur aurait préféré ne pas naître. Mais c’est le prix à payer. Quant à cette machination, elle recèle encore un sens caché. On peut y lire les pièges tendus aux semblables des Shades et la mort de l’industrie du disque. Et enfin, le clou en or de ce tendre calvaire : un hymne intitulé “le temps presse”. Ce texte écrit à l’âge de seize ans et dont l’idée vint en cours de latin. Un subtil labyrinthe qui fait surgir le malaise adolescent avec la fougue d’un discours de Churchill.

 

En concert

Dates de concerts sur leur site internet

 

Liens

Myspace

Site